La rêveuse eveillée

 


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Lavé à l'eau de javel.

Dans tout regard polissé, il y a l’âme d’un enfant meurtri.

On le tient par la main tout au long de sa vie même si on espère y échapper car les souvenirs gardent toujours un parfum de nostalgie. Je ne suis pas sûre qu’on aime conserver l’odeur qui nous plonge dans un état doux amer. Il y a cette innocence pleine de charme et de gaieté que nous essayons de faire subsister alors qu’en fait, l’enfance est une période si cruelle. Je ne crois plus en cette beauté pure et brute d’un enfant, je ne veux plus m’émerveiller d’un mensonge, d’une farce que les gens s’obstinent à croire. Si on éduque ses protégés, c’est bien parce qu’ils sont imparfaits. On les façonne car les laisser évoluer nous renverrait une image trop humaine donc trop laide pour que nos paupières puissent se lever. Les moqueries si enfantines sont aussi si infantiles. Les petits n’ont aucune conscience car l’homme n’en a pas plus naturellement. Il persiste une âme grise, celle qui est resté en nous depuis toutes ses années, celle qui se nomme poison. Comment des gens peuvent-ils encore penser que la plus belle chose sur Terre est de procréer et de donner la vie alors qu’en exécutant leurs désirs, ils exécutent leur progéniture sur une chaise électrique ?

17.12.05 16:57


Dire c'est si facile, faire...

On m’a souvent dit « tu es trop compliquée, tu cherches le bonheur si loin alors qu’il est à ta portée. Essaye d’apprécier le moment présent et tout te paraîtra facile. » J’ai envie de répondre, « que c’est facile de me balancer tout ça comme si c’était un refrain d’un tube désuet mais ça n’enlève rien de ma douleur qui m’asphyxie.» Un simple sourire m’aurait suffi. Je ne voulais pas grand-chose en fait. Souvent quand j’y repense, je me dis que ce n’était pas grand-chose, même un inconnu dans la rue aurait pu me l’offrir ce sourire. C’est fou comme les gens auquel on attarde une grande importance vous la font payer cher. Ils vous font croire que vous êtes spéciale pour eux, mais en fait, vous n’êtes qu’un objet de substitution. Vous ne servez qu’à appâter, à amuser et quand le spectacle a suffisamment suscité de plaisir, vous êtes laissé en jachère comme une ordure qui jonche les rues. Le plus grand leurre qu’on peut avoir, c’est croire qu’on nous apprécie pour ce que l’on est alors que nous sommes simplement aux yeux de ces gens-là une coquille vide qu’ils remplissent comme bon leur semble sans se soucier de qui vous etes vvraiment.
25.11.05 22:27


L'oubli est-il vraiment un soulagement?

Dans ma tête les choses ont changées pourtant quand je retourne dans ta petite tanière, les odeurs sont restées les mêmes. Amères et moisies. Cependant, seul aujourd’hui je m’en rends compte. Je trouvais, sincèrement, que cette puanteur était douce et sensuelle. J’aimais la sniffer, elle me rendait même dépendante. Quand je replonge mon visage dans ce monde qui est le tien, dans cette bulle dans laquelle tu t’es cloîtrée, il m’arrive pourtant de ressentir de la nostalgie. Parce que je m’y sentais bien, j’avais trouvé ma place, et qu’à l’heure actuelle, ce n’est plus mon abri. En somme, je ne suis pas sûre que cette odeur soit vraiment dégueulasse, néanmoins, c’est ce que mes sens me répètent sans arrêt. Peut-être que j’ai trop bu de vodka ou qu’un sale goût qui, resté dans ma bouche, m’ait faussé l’impression. Je ne sais pas, mais ça m’empêche pas d’avoir toujours envie de vomir quand je refous mon nez dans ce trou. Je crois que le pire, c’est que j’aime revenir. Même si ça m’écoeure. Cela me rappelle des moments que j’ai pas envie d’oublier. Que j’ai peur d’oublier.
13.11.05 17:46


Sous bouteille d'oxygène.

 


Société fragile et rongéefficeffice" />


Par la petite variole


Qui s’est répandue, éparpillée


Comme une traînée de poudres


Et qui a contaminée


Le pays déjà malade, fatigué.


Un chaos sans limite s’est installé


Car personne n’a voulu voir une France fissurée


En perte de repères et de solidarité.


 


Refrain de paix sous une musique de haine,


Notre sang n’est pas une essence de haine.

5.11.05 21:50


Les petites filles écoutent toujours leur papa...

Un jour Papa m’a dit qu’un arbre, ça parle, que c’est vivant et que ça ressent des émotions et des sentiments comme nous les êtres humains. Il est bizarre parfois Papa et il m’a bien fait rire ce jour là. Il m’a expliqué que si j’étais toute triste, je pouvais m’asseoir près d’un arbre et qu’il serait toujours disponible pour m’écouter et me remonter le moral. J’avais jamais entendu une chose pareille mais si c’est mon Papa qui me dit tout ça, il peut pas se tromper, alors je le crois. Je suis allé le lendemain dans mon école et j’ai raconté l’histoire de mon Papa mais tout le monde se moquait de moi. Les gens sont trop cruels, c’est pas juste. D’après eux, un arbre, ça n’a pas d’âme, c’est comme un objet sauf que c’est la nature. Quand je suis rentré chez moi, j’arrêtais pas de pleurer. Mais je me suis souvenue de ce que m’avait conté mon Papa et je me suis mise tout près de l’arbre. Je lui ai tout confié et je me suis sentie bien mieux après. En fait, mon Papa avait raison, la nature a un pouvoir apaisant que les humains n’ont pas…fficeffice" />

23.10.05 22:34


Rencontres urbaines.

Je me promène dans les rues de Paris, paisible, seule ou accompagnée –la question n’est pas là- et il devient fort rare de ne pas se faire interpeller dans la rue pour diverses raisons, parfois très farfelues je dois l’avouer. En général, on me demande une clope ou ‘du feu’ et je suis toujours obligé de faire ma petite moue en expliquant que je suis dans l’incapacité complète d’accéder à la requête ne fumant pas. Alors j’ai deux explications plausibles, soit c’est une technique foireuse pour me rencontrer, ou alors j’ai vraiment une tête de fumeuse –c’est inquiétant ? Cependant parfois les demandes sont bien plus cocasses. Je me souviens d’un trentenaire mal rasé qui m’a fait l’apologie d’une association du même calibre que la Croix-Rouge et qui m’a demandé mon téléphone pour me contacter s’ils avaient besoin d’un bénévole en vue d’un voyage en Irak –avec un argument massue « vous savez à quel point les femmes ont besoin de votre solidarité ». Déclinant l’offre prétextant un travail surchargé de prépa art, il me dit tout bonnement que je peux toujours faire un petit chèque… Le gentil monsieur n’avait pas l’air d’avoir saisi ce que signifie « être étudiant ». Bien sûr il continua de plus belle sur sa lancée en me suivant durant cent mètres. J’ai vraiment cru qu’il n’allait plus me lâcher celui-là ! fficeffice" />


Dernièrement, je dessinais dans la rue (cours de croquis extérieur) et dans ces moments là, on a droit à une multitude d’attitudes différentes. Il y a les curieux qui zieutent vos dessins, les photographes convulsifs qui vont immortalisent comme si vous faisiez parti intégrante du décor, ceux qui vous draguent de manière plus ou moins grossière, ou ceux qui viennent vous parler pour partager la même passion. Ce fut le cas pour un artiste qui faisait un carnet de voyage. C’était vraiment une rencontre atypique et intéressante. Parfois, ce n’est pas aussi réjouissant. Comme ce fut le cas d’un jeune homme vraisemblablement en manque de drogue qui s’est littéralement jeté sur moi et qui me suppliait de lui en donner (sourire perplexe). J’ai fait semblant de ne pas le voir et, au bout de quelques minutes –qui parurent bien longues- il est parti. Depuis, je me demande encore si j’ai pas une tête de junkie…

21.10.05 17:49


Image hébérgée par hiboox.com


 


Une dernière nuit, une dernière étreinte. Tu as laissé ton empreinte sur ma peau brûlante d’un désir inassouvi. Il y avait ta fumée qui effleurait mes narines. Au début, cela m’insupportait, toute cette brume polluante que tu absorbais. Puis c’est devenu ma liqueur. Dans cette opacité, il y avait les non-dits et une tendresse que tu ne m’offrais pas. Il y avait tes lèvres qui caressaient avec délicatesse le papier roulé, qui faisait un sensuel va-et-vient et dont émanait un souffle opaque et tiède. C’était un spectacle qui m’émouvait et qui m’excitait. Il y avait dans tes yeux une chaleur solitaire dans laquelle je me plongeais et qui m’apaisait. Je te regardais, inlassablement contre la fenêtre et inhalait parfois cette sombre blancheur. Et je m’imaginais être ta cigarette. Etre ta bouffée d’oxygène. fficeffice" />

24.9.05 18:52


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